À Stanford avant Montréal

 

Après Wimbledon, je me suis offert quelques jours de congé, mais depuis je suis de retour à l'entraînement à une cadence de sept heures par jour, et ce, six jours par semaine. Je termine ma préparation pour le tournoi de Stanford en Californie avant de revenir au Québec pour la coupe Rogers.

Je passe donc beaucoup de temps sur le terrain et en gymnase

Je suis vraiment heureuse d'aller jouer à Stanford, un endroit où je garde de précieux souvenirs. C'est à cet endroit en 2008 que j'ai remporté mon premier titre sur le circuit de la WTA à l'âge de 20 ans. Cette fois, je vais devoir passer l'étape des qualifications avant de voir mon nom inscrit sur le tableau principal. La première tête de série du tournoi est Serena Williams.

Ça paraît quand une joueuse de tennis retourne jouer à un tournoi qu'elle a déjà gagné. Les organisateurs témoignent généralement plus d'attention pour l'ex-championne en s'assurant qu'elle ne manque de rien. Parfois, on a droit à des traitements spéciaux parce qu'ils sont heureux de nous savoir de retour. Vous savez, il y a beaucoup de tournois durant une année et chaque joueuse établit son propre itinéraire. Parfois, les anciennes championnes ne retournent pas nécessairement là où elles ont gagné.

Comme ancienne championne, on garde tellement de beaux souvenirs et on ressent tellement de belles choses que ça fait du bien d'y retourner. En plus, le central à l'Université Stanford est très beau, l'atmosphère est vraiment très bien et les gens adorent le tennis. Ce sont de vrais passionnés. C'est très agréable de jouer là-bas.

Au tableau principal de la coupe Rogers

J'étais très heureuse d'apprendre que les organisateurs de la Coupe Rogers m'avaient donné un laissez-passer pour le tournoi qui commencera le 4 août à Montréal. J'ai droit au support de Tennis Canada depuis plusieurs années. Tennis Canada croit en moi et connaît tous les efforts que j'ai mis pour guérir de ma blessure à l'épaule droite, qui a mis un an pour revenir à la normale.

Tennis Canada sait que je travaille fort pour améliorer mon sort. J'étais 378e au monde alors que maintenant, je suis la 103e raquette mondiale. Il y a quelques années, j'étais l'une des rares Canadiennes sur le circuit professionnel alors on continue à me supporter comme on fait avec les nouvelles joueuses. 

Ça ne me dérange pas de passer par l'étape des qualifications, mais je suis très heureuse de ce laissez-passer. À mon retour à la compétition, le plus important pour moi était de jouer le plus de parties possible, histoire de retrouver la forme. Je n'avais pas joué depuis un an et je devais retrouver mes repères et refaire ma confiance. Puis quand tu commences à gagner plus régulièrement, c'est bien de pouvoir esquiver les qualifications comme à Montréal.

La Coupe Rogers est mon tournoi favori. Il se joue à la maison et à ma dernière participation en 2012, j'ai atteint la ronde des quarts de finale. J'étais à l'époque la première Canadienne en 20 ans à se rendre aussi loin à ce tournoi. Quand j'étais petite, mes parents m'amenaient voir ce tournoi où jouait mon idole, Monica Seles. C'est à cette époque de ma vie que je me suis dit que je voulais être comme elle. Ça me faisait rêver. Ce tournoi encourage les jeunes à jouer au tennis.

Ça va être très plaisant de jouer à la maison devant la famille et les commanditaires sans oublier les partisans qui apportent une belle énergie. Je vais essayer de jouer mon meilleur tennis pour mes partisans et d'aller le plus loin possible contre les meilleures au monde. J'aimerais répéter ce que j'ai réalisé il y a deux ans en prenant un match à la fois. Toute joueuse veut faire mieux que ce qu'elle a déjà fait.

Du respect

Les exploits d'Eugenie Bouchard sur le circuit de la WTA rejaillissent sur tout le tennis canadien. Eugenie et les autres, nous démontrons au reste du monde que les Canadiens ne seront plus des proies faciles et que nous sommes compétitifs. Il y a quelques années, j'étais la seule Canadienne dans le top-50, mais aujourd'hui, il y a Eugenie et Sharon Fichman, sans oublier les gars. Je pense que toutes les belles performances inspirent les plus jeunes, qui pourraient s'adonner au tennis.

Le regard des organisateurs internationaux a changé sur les joueurs canadiens. On sent maintenant ce respect nouveau et on sent que le tennis canadien attire l'attention.

Je suis heureuse de voir les succès d'Eugenie sur la scène mondiale. On travaille toutes très fort pour grimper les marches et nous faisons toutes notre propre chemin. J'ai déjà pointé au 21e rang mondial il y a quelques années, malheureusement les blessures ont ralenti ma progression. Comme je suis une fille très persévérante et déterminée, je continue mon chemin en demeurant concentrée sur mon parcours.

La lourde perte du docteur Francis Jean

C'est avec une profonde tristesse que j'ai appris le décès du docteur Francis Jean, le fondateur d'Iris Le Groupe Visuel au cours des derniers jours. Il a été mon premier commanditaire majeur, et ce, bien avant que je gagne à Stanford où que j'atteigne le 21e échelon mondial.

Monsieur Jean a cru en moi et il m'a toujours encouragée même quand les choses allaient moins bien. Il m'envoyait des petits mots pour m'encourager. Il était très présent dans le monde du tennis et tout le monde l'aimait beaucoup. C'était un vrai passionné de sport. Mes plus sincères sympathies à toute la famille.

En réponse à Alain Beaulieu

Lors d'une précédente chronique, Alain Beaulieu me demandait si je devais changer mon équipement en fonction des surfaces sur lesquelles je dois jouer. Je dirais à monsieur Beaulieu que sa question est très pertinente parce qu'effectivement, nous devons nous adapter chaque fois. C'est une vraie science!

On change d'équipement selon les surfaces sur lesquelles on joue. Pour jouer à Roland-Garros, on utilise des souliers spéciaux qui permettent de glisser sur la terre battue. Comme le jeu est plus physique et qu'il y a plus d'échanges, on doit aussi revoir la tension sur les raquettes.

Les balles qui sont utilisées varient d'un tournoi à l'autre. Il faut toujours s'ajuster. Les balles de Wimbledon par exemple sont plus lourdes pour les bras et on utilise des souliers à crampons sur cette surface.

On aimerait que ce soit toujours les mêmes balles qui soient utilisées, mais ce n'est pas le cas. Notre rythme serait meilleur et l'adaptation serait plus facile. Selon notre style, les balles nous permettent des fois de mieux jouer. Dans le fond, ce sont les marques de balles qui font la différence. Avant de participer à un tournoi, on s'entraîne avec le type de balles qui sera utilisé.

Il faut toujours ajuster notre équipement et bien s'hydrater pour lutter contre la chaleur, sans oublier les vêtements. Moi, j'utilise des vêtements Lacoste, qui permettent de lutter contre la transpiration. Trois semaines avant mon départ pour Stanford, je me suis entraînée avec des balles Penn. À Montréal, on va jouer avec des balles Wilson. Il faut constamment trouver le moyen de s'adapter.

Il ne faut pas oublier les décalages horaires. Des fois, on voyage pendant plusieurs heures, mais dès que l'avion se pose, on doit aller jouer.

Si comme monsieur Beaulieu, vous avez des questions, n'hésitez pas à me les formuler.

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