Aleksandra Wozniak refuse d’abandonner, malgré tout

 

 
Source: TVA Sports

La Québécoise Aleksandra Wozniak a déjà vécu des jours meilleurs sur la scène du tennis professionnel, elle qui doit se résigner à disputer des matchs dans l’indifférence la plus totale.
L’ancienne 21e raquette mondiale et détentrice du 317e rang de la WTA a été l’objet cette semaine d’un article du prestigieux «New York Times», mais le tout n’avait rien de glorifiant, à vrai dire. Le journal voulait surtout mettre en relief la dure réalité des joueurs participant à des tournois secondaires et n’arrivant pas à couvrir les dépenses de leurs nombreux voyages.


Le cas de Wozniak, qui a affronté Serena Williams en huitièmes de finale des Internationaux de France en 2009, est assez frappant. Dernièrement, elle a perdu un duel de qualification au nébuleux tournoi ITF de Dothan, en Alabama; seulement deux spectateurs ont assisté à sa défaite contre l’Américaine Nicole Coopersmith.

 

«Les gens ne comprennent pas ce que nous traversons. Nous sommes isolées ici. Mais c'est ma passion. Je fais ce que je dois faire pour jouer au tennis», a affirmé celle qui voyage en solitaire, n’ayant pas d’entraîneur ou d’agent à ses côtés, faute d’un classement satisfaisant.

 

La misère noire
Wozniak, 29 ans, participe ces temps-ci à des compétitions où elle doit ramasser ses balles et où personne ne lui tend une serviette. La fédération de tennis canadienne ne lui consent plus d’aide financière, comme c’était le cas dans les années antérieures. Et à de nombreux endroits, elle doit payer sur-le-champ son droit d’entrée à un tournoi.


Le «New York Times» rapporte que l’an dernier, elle a dû emprunter 20 $ à une joueuse, Ashley Weinhold, pour sa participation à la compétition de Surprise, en Arizona.
«Aussi, je suis allée en Australie en janvier et j’ai joué trois tournois, dont les Internationaux d’Australie, a déclaré Wozniak. J’ai dépensé 15 000 $ pour le voyage et j’ai obtenu environ 6500 $ de gains avant les taxes.»


Un peu d’aide
Ayant touché des gains supérieurs à 2 millions $ pendant sa carrière, Wozniak doit dépenser cet argent pour se loger et se déplacer à l’étranger. Un modeste contrat de parrainage avec les lunetteries Iris à Montréal l’aide à payer les vols et les hôtels, évitant de longs périples en autobus ou en voiture.
Néanmoins, elle ne doit pas oublier certains détails avant le début d’un match : par exemple, décorer les cordes de sa raquette, conformément à son pacte récent avec Yonex, le fabricant qui lui fournit des raquettes, des cordes et un sac rouge pour tout porter.
«Vous ne pouvez pas oublier de le faire ou vous pourriez perdre votre accord de parrainage», a avoué Wozniak.


Un long chemin
Participer à des tournois de l’ITF comme celui de Dothan est le quotidien d’une joueuse qui souhaite de nouveau accéder aux événements de la WTA. Pour Wozniak, il s’agit d’un passage obligé après de nombreuses blessures et des moments de désespoir.
«C’est la troisième fois de ma carrière que je dois repartir à zéro, a-t-elle ajouté. Avril 2010 a été le moment le plus difficile de ma vie, j'ai traversé l'épuisement et la dépression. Je n'en ai jamais parlé. Après avoir atteint la 21e place au monde, j'ai accumulé tellement de pression», a-t-elle avoué au journal new-yorkais.

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